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Louis Bélanger

MEDJUPEDIA – Dès lors, plus de mensonge…

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  • Troubles de santé

    juil 20th 2010

    By: Stéphane Thibault

    2 comments

    Louis Bélanger m’a demandé de vous informer qu’il a été hospitalisé le 16 juillet dernier et qu’il ne prévoit pas être en mesure de reprendre ses activités avant la mi-août. Il vous remercie de vos messages d’encouragement auxquels il n’aura malheureusement pas la possibilité de donner suite.

    Avec ses salutations les plus cordiales,

    Stéphane Thibault
    Webmestre

    Notes du webmestre

    Santé

  • Medjugorje : La grande dissimulation – 1) « Encore trois jours ! » : Les faits

    juin 21st 2010

    By: Louis Bélanger

    11 comments

    « Seulement trois jours de plus ! »

    La fin des « apparitions » annoncée par la Dame de Medjugorje a soulevé l’objection la plus importante qui ait entravé la reconnaissance du caractère surnaturel des événements de Medjugorje.

    Selon les déclarations des visionnaires enregistrées sur ruban magnétique, la Gospa – mot croate qui désigne la Madone – annonça, le 30 juin 1981, qu’elle leur rendrait visite encore trois fois. Le 3 juillet, dix jours après le début des événements, les visionnaires confirmèrent à l’unisson, devant cinq adultes dont trois prêtres, que leurs rencontres avec la Gospa étaient bel et bien terminées.

    Vingt-neuf ans plus tard, en 2010, elle « apparaît » encore quotidiennement à quelques visionnaires ! Que s’est-il passé ?

    Dans cet éditorial sur La grande dissimulation historique de Medjugorje, nous tenterons d’établir les faits qui constituent la base solide de ce décèlement inquiétant.

    Puis, dans la contribution suivante sur la duplicité proprement dite, nous pointerons les manœuvres déployées par des informateurs et protagonistes-clés pour camoufler ces informations qui risquaient de « nuire à la bonne cause ».

    Nos sources premières

    Il s’agit de la première tranche du « Journal » de Vicka, l’une des visionnaires, et de 15 transcriptions de conversations enregistrées sur ruban magnétique entre les visionnaires et le personnel pastoral de la paroisse St-Jacques de Medjugorje, du 27 au 30 juin 1981. J’ai présenté ailleurs ma rencontre avec le père franciscain Ivo Sivric et les modalités de notre collaboration qui aboutit à la publication de La face cachée de Medjugorje,  en 1988, et de sa version anglaise, The Hidden Side of Medjugorje,  en 1989.

    Nos sources premières sont-elles authentiques ?

    Plus personne ne doute aujourd’hui de l’authenticité des documents magnétophoniques qui ont été transcrits. Les originaux ont été déposés aux archives de la paroisse de Medjugorje, et des duplicatas se retrouvent, entre autres lieux, à l’évêché de Mostar et chez M. Grgo Kozina, un paroissien qui en a généreusement fourni des reproductions au père Ivo Sivric et à Mme Darija Klanac, fervente de Medjugorje.

    Nos transcriptions sont-elles fiables ?

    En 1987, j’ai demandé à l’évêque de Mostar de confirmer, par écrit, sa permission de publier en validant chacun des trente-huit documents écrits et sonores qu’il mettait à notre disposition, de même que leur traduction en langue française qu’il connaissait bien. Il s’y prêta de bonne grâce comme en font foi les deux premières pages d’une liste complète qu’il a paraphée.

    Donal Anthony Foley, un auteur rigoureux dont je ne saurais trop recommander la lecture – Understanding Medjugorje – Heavenly Visions or Religious Illusion? – et qui connaît bien la langue française, a comparé les transcriptions effectuées par le père Sivric et par mes soins à celles qu’a publiées Mme Klanac, dix ans plus tard.

    Il faudrait un article entier – que je me promets de rédiger un de ces jours – pour traiter de la question en évaluant les forces et les faiblesses de chacun des auteurs/traducteurs. Qu’il soit dit, pour le moment, que le jugement de M. Foley est positif : nos transcriptions sont fiables… On peut lire son analyse dans son livre, p. 38-43, mais aussi sur Internet dont le document garde la même pagination.

    Un théologien et psychologue dont la langue maternelle est le croate, Ivan Zeljko, a aussi rendu hommage au père Sivric dans sa thèse de doctorat en théologie (452 pages, 1621 notes) publiée en 2004 : Marienerscheinungen – Schein und Sein aus theologischer und psychologischer Sicht – Dargestellt am Beispiel der Privatoffenbarungen in Medjugorje.

    Voici, traduit par mes soins, un court passage qui reflète son respect pour l’oeuvre du père Sivric qui, à sa connaissance, est « la seule étude sur les événements de Medjugorje qui soit fondée scientifiquement. [...] Dans cette étude critique, Sivric soumet, en plus de nombreux renseignements et documents importants sur Medjugorje, les premières entrevues enregistrées sur bande magnétique qui aient été rendues accessibles au public pour la première fois. » (p. 27-28)

    Quant au chroniqueur prolifique et fervent des apparitions medjugorjiennes, l’abbé René Laurentin, il a rapidement réagi à la publication de La face cachée de Medjugorje en reconnaissant la valeur de l’oeuvre :

    Disons plutôt les mérites du père Sivric. Il a publié et traduit les nombreuses interviews des voyants, enregistrées dès les premiers jours, et rassemblées par Mgr Zanic et sa Commission.

    Je n’ignore pas ces cassettes, je les utilise pas à pas dans mon Récit des apparitions et ailleurs, les ayant fait traduire, par des amis croates…

    Les sources sont fondamentales… Les nombreux documents croates traduits rendront service aux spécialistes…

    On ne peut donc que le féliciter d’avoir déchiffré et édité conscieusement ces interviews éprouvantes, ainsi que la première [tranche] du Journal de Vicka… Quiconque a le sens critique peut tirer de ces interviews spontanées des éléments utiles…

    Bref, l’auteur est sincère et consciencieux, …sa documentation immense, …ses intentions pacifiques. [Quant à la façon du père Sivric de présenter les événements,] il serait impertinent, faux et injurieux de la dire mensongère. …Le zèle du père Sivric est sincère, donc louable en l’intention. [7 années d'apparitions - Le temps de la moisson ? Dernières nouvelles de Medjugorje No 7 - Juin 1988, p. 35-42]

    *******

    30 juin 1981 :

    Les visionnaires annoncent la fin des « apparitions »

    Dans la matinée

    Le curé de la paroisse, le père Jozo Zovko, s’entretient avec Mirjana Dragicevic dans la matinée.  L’entrevue est enregistrée au presbytère. [cf La face cachée de Medjugorje, annexe 14, p. 329] :

    Père ZOVKO: Penses-tu qu’elle viendra ce soir ?

    MIRJANA: Je pense qu’elle viendra, c’est sûr, elle nous l’a dit.

    Père ZOVKO: Peut-être qu’elle ne le fera pas.

    MIRJANA: Je vais lui demander combien de jours encore elle va rester avec nous, de nous dire exactement combien de jours encore elle va être avec nous…

    [...]

    Père ZOVKO: Pour combien de jours encore penses-tu que tu vas la voir?

    MIRJANA: Quelque chose ne cesse de me dire: deux ou trois jours de plus…

    Dans la soirée

    Avant de reproduire les paroles des visionnaires adressées au curé dans la soirée du 30 juin 1981, il importe de situer le contexte de l’événement.

    L’« apparition » n’a pas lieu sur la colline Podbrdo, comme aux jours précédents, mais dans le village voisin de Cerno, à six ou sept kilomètres de Medjugorje, le long de la route qui relie Mostar à Citluk et à Ljubuski. Deux jeunes femmes accompagnent les cinq visionnaires depuis le début de l’après-midi – Ivan est absent.

    Voici comment le père Sivric esquisse le revirement de situation : [La face cachée de Medjugorje, p. 44-46]

    Mica Ivankovic, ma cousine au second degré, est travailleuse sociale à Citluk, à l’emploi du comté. Elle n’est pas membre du Parti; elle assiste à la messe et communie tous les dimanches. Elle est maintenant mariée.

    Ljubica Vasilj-Gluvic vit à Sarajevo. Employée du gouvernement de la République de Bosnie-Herzégovine, elle travaille au Conseil exécutif et est membre du Parti communiste. Ljubica s’avère un être charmant, du témoignage même des visionnaires qui n’avaient que des éloges à l’endroit des deux jeunes femmes.

    À Cerno, elles se tenaient à côté des visionnaires et, rappelons-le, elles leur ont suggéré la question qu’ils pourraient poser à la Gospa. Mais, quelques heures plus tard, devant eux et le père Zovko, elles ont déclaré qu’elles n’avaient « rien vu ni rien entendu. »

    Nous présentons ces renseignements, car on a fait circuler plus tard au pays et à l’étranger toutes sortes d’histoires malveillantes au sujet de ces deux personnes distinguées. On a fait de même contre d’autres personnes innocentes.

    L’idée sous-jacente à toutes ces calomnies était et demeure encore de laisser entendre aux gens que Dieu en veut à ceux qui, de quelque façon que ce soit, n’approuvent pas ou ne supportent pas les apparitions de la Gospa à Medjugorje ou s’y opposent.

    Lorsque le père Zovko exprima le désir de connaître qui avait eu l’idée d’aller à Cerno et qu’il laissa entendre que cette idée avait pu venir d’autres personnes que les visionnaires, ces derniers protestèrent avec véhémence, affirmant à l’unisson:

    « Ce fut notre idée, et c’est nous qui avons décidé de l’endroit! » La protestation la plus énergique vint de Vicka qui ajouta: « C’est nous qui avons choisi l’endroit et tout le reste, et nous n’avions besoin de personne pour nous le dire! »

    Quant à leur arrêt à Cerno, ce fut tout à fait fortuit: c’est là qu’ils arrivaient à 18 h. Mica lui dit que les autorités communistes de Citluk n’avaient pas envisagé d’éloigner les visionnaires de Medjugorje ce même jour, non plus qu’elles, Mica et Ljubica, n’avaient été envoyées par quelque officiel pour accomplir cette tâche.

    L’idée de s’éloigner de Medjugorje vint d’abord des visionnaires eux-mêmes afin de vérifier si la Gospa pouvait apparaître ailleurs.

    Mica et Ljubica emmenèrent donc les visionnaires, à l’exception d’Ivan, pour une ballade en automobile. Tous allèrent d’abord au parc d’amusement de Pocitelj, puis s’arrêtèrent à Capljina et aux chutes de Kravica avant de retourner finalement à Medjugorje.

    Lorsque vint le temps des visions, Ljubica arrêta la voiture, et tous descendirent. Les visionnaires se retirèrent pour avoir leur vision, mais les deux jeunes femmes se tinrent près d’eux pour voir ce qu’ils demanderaient. Cette fois-ci, Mirjana conversa avec la Gospa et lui posa quelques questions. Sur la route du retour, les visionnaires s’arrêtèrent au presbytère de Medjugorje où ils furent interrogés par le père Zovko.

    « Encore trois jours, ce qui signifie jusqu’à vendredi. »

    Dès leur entrée au presbytère, les visionnaires racontent au père Zovko ce qui vient de se passer à Cerno, et non à la colline Podbrdo : [cf La face cachée de Medjugorje, annexe 16, p. 346]

    Père ZOVKO: S’il te plaît, dis-moi en détail ce dont tu as parlé avec la Gospa.

    MIRJANA: Je lui ai demandé combien de jours elle va rester encore avec nous, exactement combien de jours elle va rester avec nous. Elle a dit: « Encore trois jours. »

    Père ZOVKO: Encore…

    MIRJANA: Encore trois jours, ce qui signifie jusqu’à vendredi. Ensuite, nous lui avons demandé si elle était fâchée, car nous avions quitté le Podbrdo pour venir ici, à l’autre endroit. Elle a dit qu’elle n’était pas fâchée.

    Père ZOVKO: Où est-ce?

    MIRJANA: Nous avons laissé une marque là-bas où nous avons été.

    Père ZOVKO: Etait-ce près de la route?

    MIRJANA: Oui. Puis nous lui avons demandé si elle se fâcherait si nous n’allions plus au Podbrdo mais plutôt à l’église. Elle était plutôt indécise lorsque nous lui avons posé cette question. C’était comme si elle n’aimait pas cela. Mais finalement, elle dit qu’elle ne se fâcherait pas.

    Une deuxième confirmation, de Mirjana. [cf La face cachée de Medjugorje, annexe 16, p. 347]

    UNE DES VISIONNAIRES: Elle apparaîtrait à la même heure.

    MIRJANA: La Gospa s’est informée au sujet d’Ivan: « Où est l’autre garçon? »

    Père ZOVKO: Attends ! Est-ce que cela va avoir lieu à l’église, à 18 h 30 ?

    MIRJANA: Oui.

    Père ZOVKO (très surpris): Quoi ?

    MIRJANA: On pourrait venir à l’église à 18 h 30.

    Père ZOVKO: Quand ?

    MIRJANA: Jusqu’à vendredi, ce qui signifie mercredi, jeudi, vendredi.

    Père ZOVKO: Par conséquent, vous serez à l’église demain ?

    MIRJANA: Oui.

    Une troisième confirmation, de Mica : [cf La face cachée de Medjugorje, annexe 16, p. 362]

    Mica IVANKOVIC: …Ils ont posé deux ou trois questions. Puis je leur ai demandé si la Bienheureuse Vierge Marie était d’accord pour apparaître dans l’église. Ils ont répondu qu’elle a souri et qu’elle a dit qu’elle le ferait. Alors Mirjana a demandé à quelle heure. Ça, c’est quelque chose que je ne leur ai pas demandé. La Gospa dit : « A la même heure. »

    Et elle demanda encore combien de fois encore elle allait leur apparaître. Ils ont dit à l’unisson: « Trois fois. » Alors Mirjana—je ne me souviens plus maintenant si c’était Mirjana ou quelqu’un d’autre—a demandé de laisser un signe.

    JAKOV: C’était moi.

    Enfin, quatre autres confirmations en cascade ! [cf La face cachée de Medjugorje, annexe 16, p. 372]

    Mica IVANKOVIC: Puis Mirjana, seule, a demandé: « A quelle heure ? » Elle [la Gospa] a dit: « A la même heure ! Alors Mirjana a demandé de nouveau combien de fois encore elle apparaîtrait. Elle a dit: « Trois autres fois ! »

    ? (très probablement le père KOSIR): Qui a dit cela ?

    UNE DES VISIONNAIRES: La Gospa.

    ? (très probablement le père KOSIR): Qui de vous a dit cela ?

    MIRJANA (très probablement): Moi.

    ?:…(incompréhensible). Remarque d’Ivo Sivric: Les voix s’entremêlent.

    Père ZOVKO: Bien, cela m’intéresse. « Trois autres fois ! » Bien, quand tout cela va-t-il se terminer ?

    LES VISIONNAIRES (à l’unisson): Vendredi.

    Mica IVANKOVIC: Ils ont dit plus tard: « Vendredi ».

    Père ZOVKO: Où est-ce que cela va se terminer ?

    JAKOV: Dans l’église.

    MIRJANA: Sauf si la Gospa nous dit que peut-être elle préférerait apparaître sur la colline le dernier jour…

    *******

    Qu’avons-nous montré dans cette première partie de La grande dissimulation ?

    Nos sources sont authentiques, les transcriptions sont fiables et même appréciées par l’un des plus grands propagandistes de Medjugorje.

    D’une manière explicite, sans la moindre ambiguïté, les visionnaires nous transmettent avec précision, d’un commun accord, l’annonce de la fin des « apparitions » par la Dame de Medjugorje.

    On se serait attendu à ce que cette annonce capitale soit communiquée avec toute sa teneur véridique par les protagonistes éminents de Medjugorje qui en connaissaient l’existence dès le début des événements.

    Il n’en fut rien.

    On la dissimula jusqu’à la publication de La face cachée de Medjugorje, et même au-delà, car la grande majorité des pèlerins fervents et des adeptes intolérants à la critique en ignorent l’existence.

    Dans notre prochaine contribution éditoriale sur la duplicité proprement dite, nous pointerons les manœuvres déployées par des informateurs et protagonistes-clés pour camoufler ces informations qui risquaient de « nuire à la bonne cause ».

    Vos commentaires sont les bienvenus, sauf ceux des « anonymes » qui seront éliminés d’emblée.

    Votre inscription aux Nouvelles du passé… – colonne de droite (lettre d’informations) – déclenchera un rappel automatique dès leur parution… qui sera plus fréquente que celle des éditoriaux.

    Avec mes salutations cordiales,

    Louis Bélanger

    Medjupedia, Éditorial

    1981, Dame de Medjugorje, duplicité, encore trois jours, fin des apparitions, Medjupedia, sources premières authentiques, transcriptions fiables, tromperie

  • Pourquoi, depuis 1986, ne considère-t-on pas que la Dame de Medjugorje est la Vierge Marie ? – 1) Un itinéraire

    mai 31st 2010

    By: Louis Bélanger

    8 comments

    Le 17 mars 2010, le Service de presse du Saint-Siège a annoncé la création de la quatrième Commission d’enquête sur Medjugorje par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF).

    Le cas d’apparitions présumées de la Vierge Marie à six visionnaires croates depuis 1981 attire notre attention d’une façon particulière.

    Des experts mandatés par la plus haute autorité de l’Église universelle examinent aujourd’hui, à Rome, un verdict qui paraissait évident à d’autres experts réunis par l’autorité diocésaine de l’Église de Mostar, il y a 24 ans.

    Quels facteurs déterminants ont rendu cette situation apparemment complexe et les observateurs critiques plus que perplexes ?

    Pendant les semaines et les mois à venir, nous tenterons, à notre façon, d’ouvrir le sac de nœuds medjugorjiens, en pleine conscience qu’il appartiendra à la nouvelle Commission de les trancher…

    En ce premier segment d’un éditorial dont le titre annonce ses couleurs critiques, j’invite les lectrices et lecteurs de ce nouveau blogue à prendre connaissance de mon itinéraire.

    Ma démarche personnelle

    Louis Bélanger

    Je m’appelle Louis Bélanger et je suis né à Québec, en 1941. Après mes études au cours classique et en sciences politiques (option relations internationales) à l’Université Laval de Québec, j’ai poursuivi ma recherche en psychologie et en parapsychologie à l’Université de Freiburg en Allemagne fédérale (1968-1974). En 1975, on m’a invité à créer les cours de parapsychologie que j’ai dénommée psilogie à l’Université de Montréal et à l’Université du Québec à Montréal. J’ai pris ma retraite de l’enseignement universitaire en 2005.

    Ma visite à Medjugorje

    À l’automne de 1984, un documentaire français diffusé à la télévision de Radio-Canada attira mon attention. Il suggérait que la Vierge Marie apparaissait quotidiennement à de jeunes Croates en état d’extase.

    Ces rencontres rapprochées de la transcendance m’ont interpellé, quarante mois après le début des événements. Ma mère venait de s’éteindre. Entraîné dans sa mourance, je n’eus pas conscience de l’imploration: notre Mère céleste daignerait-elle suppléer à ce deuil déchirant ?

    Je me retrouvai à Medjugorje, en janvier 1985, muni d’une « déclaration d’intention » que je présentai aux Franciscains de la paroisse et à l’évêque de Mostar, Mgr Pavao Zanic.

    Ce n’est pas dans un esprit de foi mais plutôt dans un esprit de recherche scientifique que je me rends à Medjugorje.

    La prise de position ferme de l’évêque de Mostar sur de prétendues hallucinations collectives ne m’empêche pas d’avoir un préjugé favorable quant à l’existence de phénomènes authentiques (phénomènes lumineux, comportements extatiques…) reliés aux premiers jours des apparitions.

    Je connais les points de tension qui existent dans la relation entre les franciscains et l’évêque de Mostar. Je ne prends pas parti pour l’un ou l’autre « camp » et je souhaite pouvoir les rencontrer dans un esprit de recher­che.

    Je suis intéressé à la physique, à la physiologie, à la psychologie et à la psilogie des apparitions. Dans cette pers­pective, les rapports des scientifiques qui ont observé et testé sur les lieux m’intéressent au plus haut point et j’aimerais y avoir accès.

    Si ces disciplines scientifiques s’a­vèrent impuissantes à expliquer les phénomènes constatés, il faudra tenir compte du recours à la « transcendance » qui demande à être respectée, même si les règles du jeu scientifique ne permettent pas au chercheur de se prononcer sur celle-ci.

    Medjugorje - janvier 1985

    Le village était pénétré par le froid sibérien qui saisissait toute cette région de Bosnie-Herzégovine. Je côtoyai quelques valeureux pèlerins et des fidèles épars, dans ce désert glacé. J’y filmai les visionnaires, j’y recherchai l’extase et j’y ressentis une impres­sion d’arrière-boutique.

    De retour au Canada, j’éprouvai le besoin d’articuler mon désen­chantement. Certaines âmes pieuses me le reprochèrent. On soupçonnait dans cette démarche l’influence perfide de satan dont la Vierge devait bientôt écraser la tête. Par surcroît, une fracture à la colonne vertébrale me terrassa et fit cesser mes ardeurs critiques. Du moins, jusqu‘à ce qu‘un Franciscain, né et élevé à Medjugorje, m‘encourageât à poursuivre ma quête de transparence.

    Ma rencontre avec le père franciscain Ivo Sivric

    Ivo Sivric, OFM

    Le père Ivo Sivric me joignit à l’Université de Montréal. Des États-Unis, son pays d‘adop­tion, il m’expédia un manuscrit sur les phénomènes de Medjugorje dont il venait de terminer la rédaction. Si j’écrivais « favorablement et sans examen critique », me confia-t-il, « il n’y aurait aucune difficulté à trouver un éditeur. Que me suggérez-vous ? »

    Je lui proposai d’unir nos efforts pour parfaire nos points de vue théo­logique et psychologique respectifs. Un même esprit nous animait: celui de découvrir le fond des événements de Medjugorje et d’inviter les lecteurs qui apprécieraient notre démarche à devenir plus avertis de cette question. Le père Sivric accepta d’emblée. Ce fut le point de départ d’une étroite collaboration.

    Il m‘importait de traduire soigneusement les documents sonores dont il disposait, apparemment identiques aux cassettes que l’évêque de Mostar m’avait confiées. A ma demande, le père Sivric commença à transcrire le texte croate et à dicter la version anglaise des entrevues avec les vision­naires que le personnel pastoral de Medjugore avait enregistrées sur bandes magnétiques, dès le quatrième jour des événements.

    Pendant mon premier séjour d’une semaine à Saint-Louis (Missouri), en juillet 1986, l‘échange de cassettes nous permit de constater que nos sources étaient complémentaires. Il fallait vite traduire les documents «retrouvés» avant le nouveau départ du père Sivric vers la Yougoslavie. Ses vacances, ou plutôt ses recherches de trois mois « sur le terrain » furent préparées avec minutie.

    De Medjugorje, il m‘expédia les réponses aux centaines de questions que je lui avais réservées. Puis il se voua inlas­sablement à la réalisation d’entrevues avec des témoins des premiers jours et à la consultation des archives à l’évêché de Mostar.

    Lors de ma deuxième visite prolongée à Saint-Louis, en janvier 1987, le père Sivric dressa le bilan de son troisième voyage depuis 1981, et je recueillis les écrits qui n’avaient pu être transmis par la poste. Le résultat s’avéra impressionnant: le nombre de pages de son manuscrit, incluant les transcriptions que nous tenions à rendre publiques, avait triplé en quatorze mois. Il fallut consacrer le reste de l’année à la réorganisation du matériel, à l’écoute attentive et répétée des cassettes, au passage ardu et combien périlleux, aller et retour, du croate à l’anglais et de l’anglais au français.

    La publication de La face cachée de Medjugorje

    Notre collaboration aboutit à la publication de La face cachée de Medjugorje. Le premier tome est réservé à la contribution du père Sivric qui tente de mettre en relief des incongruités, des contradictions, des demi-vérités, des faussetés concernant les événements qui se passent à Medju­gorje et qui ont été laissés de côté ou volontairement dissimulés jusqu’à ce jour.

    Dans les deux premiers chapitres, l’auteur présente surtout son village natal et ses sources de documentation, le groupe des visionnaires et la position du magistère de l’Église concernant les apparitions de Marie.

    Les trois chapitres suivants traitent principalement des dix premiers jours des «apparitions», de signes célestes qui n‘en sont pas, de certaines attitudes et de certains comportements des visionnaires qui posent problème.

    Du chapitre six au chapitre neuf, le père Sivric présente les résultats de ses recherches sur le rôle des Franciscains de Medjugorje ainsi que sur l’attitude et les interventions de l’évêque du lieu et de la Commission mise sur pied pour évaluer l’ensemble de la question.

    Enfin, dans les deux derniers chapitres, l’auteur propose essentiellement une mise à jour des derniers événements survenus à Medjugorje et une tentative d’explication des présumées apparitions. Il invite le lecteur à juger par lui-même s’il demeure désormais possible d’y voir la présence et l’action de la Madone.

    * * *

    Dans les deux prochains segments de ce premier éditorial, nous dévoilerons certains artifices mis en oeuvre par des promoteurs de la Dame de Medjugorje. À nos yeux, ces procédés fallacieux constituent le noyau d’objections cruciales examinées par trois commissions dont les deux dernières ont conclu au non constat de supernaturalitate ou, autrement dit, à l’absence de preuve manifeste que la Dame de Medjugorje est la Vierge Marie.

    À lire les commentaires qui fusent de toutes parts depuis l’annonce du 17 mars, il semble qu’on ne saisisse pas la signification et la portée de ce verdict. Les promoteurs de ce lieu de pèlerinage en font le dénouement autoritaire d’une lutte sans merci entre l’Ordinaire du lieu et les Franciscains de Medjugorje.

    On oublie que le non constat est le fait combiné de l’évêque de Mostar assisté par 19 experts et de 19 évêques sur les 20 membres de la Conférence épiscopale yougoslave conseillés par 15 autres experts qui se sont prononcés sur la question, à Mostar en 1986 et à Zadar en 1991.

    Si les 20 membres de la nouvelle Commission ne voient toujours pas le Grand signe imminent annoncé par la Dame de Medjugorje en 1981, ou quelque autre événement miraculeux survenu depuis la Déclaration de Zadar, ne leur sera-t-il pas délicat de renverser le jugement diocésain rendu il y a 24 ans — et confirmé plus tard par les évêques de Yougoslavie — sans porter atteinte à la crédibilité de leurs prédécesseurs ?

    Quoi qu’il en soit, alors que la plupart des documents et sources fiables sont accessibles aux observateurs de bonne foi, le fidèle proactif ne gagnerait-il pas à tenter de comprendre la signification de ce jugement passé, plutôt qu’à attendre passivement ou à spéculer vainement sur le verdict à venir ?

    Mes limites

    Avant de vous quitter, j’aimerais situer mes limites dans cette communication mutuelle que vous ne manquerez pas d’enrichir de vos propres commentaires et réflexions.

    Je suis un tout nouveau venu dans la blogosphère dont je ne maîtrise pas encore tous les aspects techniques. L’entrée en scène de mon ami et webmestre Stéphane Thibault m’a permis de brûler certaines étapes qu’il a lui-même assumées avec WordPress et je lui en suis très reconnaissant.

    De surcroît, je prends sur moi une double occupation : celle d’une édition anglaise de medjupedia qui exige plus de temps pour l’écriture et celle de la modération dans les deux langues qui visera les commentaires mais aussi les interventions d’anonymes qui seront d’emblée éliminées.

    Je vous prie donc de tenir compte de ces limites, lorsque vous m’adresserez vos questions, tout en vous invitant à exprimer vos commentaires critiques et perspicaces.

    Cordialement,

    Louis Bélanger

    Medjupedia, Éditorial

    1986, Dame de Medjugorje

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